Haute saison : ouvert samedi et dimanche, 14 h – 18 h.
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Les premières représentations humaines de la région, gravées dans le calcaire entre le Ve et le IIIe millénaire avant notre ère.

Tout le monde connaît les menhirs, pierres brutes ou mises en forme destinées à être dressées et souvent de très grande taille. Ces lourdes pierres peuvent évoquer par leur silhouette un personnage, mais la plupart du temps elles ne portent aucun détail anatomique.
En revanche, sur les statues-menhirs, un visage schématique, une ceinture, un vêtement, des bras et des jambes plus ou moins habilement gravés ou sculptés évoquent immédiatement un personnage.
Lorsque la statue est féminine, elle porte généralement une crosse et des seins ; lorsqu'elle est privée de seins elle est considérée comme masculine. Dans le sud-ouest de la France, les masculines ont généralement une sorte de poignard, appelé « objet ». Plutôt énigmatique, l'« objet » est muni d'une boucle que prolonge une lame triangulaire. Des colliers à un rang en bas Languedoc, à rangs multiples en Rouergue, complètent divers ustensiles comme une hache, un arc, une pendeloque ou une coiffe.
La déesse muette
Le caractère qui distingue fortement cette statuaire de toutes les autres est l'absence de bouche, qui lui a valu le nom de « déesse muette ». À quelques rares exceptions connues, cette règle est générale.
Sans doute faut-il mettre cette absence de bouche sur le compte de la représentation de personnages ou de divinités associés à la mort. Certaines statues-menhirs sont en effet liées à des sépultures ou représentées en relief sur les parois de tombes souterraines. Quant aux attributs guerriers et à la crosse, ils peuvent être considérés comme des symboles de pouvoir ou de valeur. Notons que plusieurs statues-menhirs ont changé de genre, passant alternativement de féminines à masculines.

La distinction peut se faire entre des groupes plus ou moins importants de statues-menhirs. Il faut distinguer la forme du support, ses dimensions et des motifs particuliers qui déterminent des styles. Ces styles ont une distribution géographique bien précise : on peut parler de styles régionaux et de sous-groupes stylistiques qui évoluent tout au long des IVe et IIIe millénaires avant notre ère.
Des contacts existent d'une région à l'autre, qui se manifestent par la diffusion de motifs emblématiques comme la « crosse » ou le visage souligné de lignes courbes.
Rouergue et Languedoc central
Les plus richement ornées : visage, bras, jambes, vêtements et plusieurs motifs.
Gard-Ardèche, Hérault, Gardonnenque
Jamais de jambes pour le groupe Gard-Ardèche. Les groupes héraultais et Gardonnenque se réduisent souvent au visage et à un attribut : collier, ceinture ou poignard.
Provence
Des sortes de bustes où seuls le visage et une coiffe sont représentés, pour le sous-groupe Durance-Maures. Ce sont les plus anciennes.
Au Néolithique, les statues-menhirs existaient dans plusieurs régions d'Europe. Des plaquettes de roche et des statuettes cylindriques, des blocs naturels ornés, des gravures et des peintures dans des grottes artificielles, des tombes mégalithiques ou des abris sous roche leur sont apparentés.
Quelques menhirs et dolmens gravés ou sculptés remontent au Ve millénaire, et les plus anciennes statues-menhirs pourraient dater de cette période. Mais la majorité appartient à la fin du Néolithique, entre 3500 et 2200 ans avant notre ère.
Des statues-menhirs sont produites pendant ce laps de temps du Yémen au Portugal et jusqu'à l'Ukraine. L'hypothèse d'une diffusion à partir d'un foyer indo-européen situé dans la région de la mer Noire ou de la mer Caspienne est parfois avancée sur la base de ces ressemblances, mais il n'existe pas encore de preuve totalement convaincante de cette propagation.
Des statues armées et des « stèles panoplies » munies d'épées ou de boucliers leur succèdent jusqu'à l'âge du Fer. D'autres sont encore plus récentes, notamment au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique de l'Est.
Les voir sur place
Le site est ouvert du 1er avril au 31 octobre. Comptez 1 h à 1 h 30 de visite.
Le village est fouillé, entretenu et ouvert par les bénévoles de la Société Languedocienne de Préhistoire depuis 1967.
Village préhistorique de Cambous, 34380 Viols-en-Laval.
Siège : 6 plan du Quai, 34380 Viols-le-Fort. Adresse postale : 4 plan de l'Olivier, 34400 Lunel-Viel.
+33 (0)6 21 19 11 15Ouvrir l'itinéraire© Société Languedocienne de Préhistoire